Les meilleurs caractères de distinction entre mâles et femelles se trouvent à l’apex de l’abdomen (fig.4). à l’exception de la Courtilière, tous les Orthoptères sont pourvus, dans le sexe féminin, d’un ovipositeur (oviscapte ou tarière) formé de quatre valvules (seules deux sont visibles en vue latérale). Chez les Ensifères, les valvules supérieures et inférieures sont coalescentes (étroitement imbriquées les unes dans les autres) ; chez les Caelifères, elles peuvent s’écarter comme les mors d’une pince. Tandis que l’oviscapte des Ensifères, très développé, consiste en un organe très visible épousant la forme d’une faucille, d’un sabre ou d’une baguette, celui des Caelifères, beaucoup plus réduit, est en outre souvent plus ou moins rétracté dans l’abdomen. On peut le faire saillir en s’appuyant légèrement sur l’abdomen des femelles vivantes.
Chez les mâles de Caelifères, l’apex de l’abdomen épouse une forme variable, arrondie ou effilée, selon la forme de la plaque sous-génitale. Celle-ci excavée en forme de cuiller, procède du dernier sternite abdominal ; en position de repos, elle enveloppe partiellement le genitalia. Chez les mâles d’ensifères, la plaque sous-génitale est plane ou légèrement arquée ; son extrémité est souvent bifide et pourvue d’appendices pairs nommés styles (ces derniers font défaut chez les Phanéroptères). Les Ensifères sont en outre pourvus de cerques (fig.5) très développés et fort variables selon les espèces. La diversité de leur courbure et de leur denticulation constitue dans bien des cas un excellent critère d’identification.
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Les Orthoptères, page 3
Page précédenteFig.4 Extrémités abdominales d'Orthoptères mâles (rangée supérieure) et femelles (rangée inférieure). A, Tetrix tenuicornis ; B, Chorthippus biguttulus , C, Isophya Krausii ; D, Metrioptera roselii . Cerque et style gauches sont figurés en noir
Fig.5 Cerque gauche du mâle de quelques Sauterelles. A, Polysarcus denticauda ; B, Barbitistes serricauda ; C, Tettigonia cantans ; D, Metrioptera bicolor ; E, Tuspolia nitidula .
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Régime alimentaire Une opinion répandue considère les Orthoptères comme des phytophages, donc comme des ravageurs. Cette interprétation repose essentiellement sur les réminiscences historique (et souvent bibilique) des essaims dévastateurs du Criquet migrateur. En fait, seuls les Caelifères et les Phanéroptères sont d’authentiques phytophages. En outre, les Caelifères ne consemment pour la plupart que des Graminées et ne s’attaquent qu’exceptionnellement à d’autres végétaux. Les Ensifères, en revanche, sont presque tous omnivores. Ils se nourrissent de petits Insectes mous, comme les chenilles et les Pucerons, mais consomment également diverses plantes, et plus particulièrement celles dont les tissus sont tendres et riches en sève (Pissenlits, Mourons, Trèfles…). La proportion des aliments d’origine animale et végétale varie selon les espèces. Les Orthoptères de grande taille, comme la Grande Sauterelle verte et le Dectique verrucivore, semblent observer un régime essentiellement « carnivore » ; ils s’attaquent même à la larve du Doryphore, pourtant évitée par la plupart des prédateurs. Les Méconèmes se nourrissent exclusivement d’Insectes, et plus particulièrement de Pucerons. Même la Courtilière, si souvent accusée de commettre des dégâts, se nourrit manifestement pour l’essentiel de larves d’Insectes, notamment de vers blancs et de chenilles de Noctuelles. Les prétendus ravages occasionnés par les Orthoptères sont donc immodérément exagérés. En fait, de nombreuses espèces comptent au contraire parmi nos auxiliaires les plus précieux.